Juste avant l'obligation de l'e-facturation au 1er janvier 2026, nous voyons le marché belge s'activer sérieusement. Pourtant, un groupe considérable d'entrepreneurs reste encore à la traîne.
Dans notre dernière enquête menée auprès de 300 PME belges (1 à 150 collaborateurs), nous vous dévoilons les derniers chiffres et tendances sur l'adoption de Peppol en ce quatrième trimestre 2025.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes
839 893 entreprises (au 24/12/25) sont désormais connectées au réseau Peppol, soit une croissance explosive de 53,5 % par rapport au trimestre précédent. Ce quasi-doublement montre clairement que les entrepreneurs commencent à ressentir l'urgence. Cependant, il reste environ 1,2 million d'entreprises en Belgique qui doivent encore faire le saut vers l'e-invoicing. Si 70 % des PME belges sont déjà « Peppol-compliant », que vont faire les entrepreneurs restants durant ce dernier mois ?
Dans la pratique, on constate que beaucoup d'entrepreneurs (44 %) s'accrochent encore à la création de factures via Word ou Excel. Il y a un an, ils étaient 52 %. Cela prouve qu'un changement de comportement prend réellement du temps.
La prise de conscience progresse, mais nous n'y sommes pas encore
La notoriété de Peppol est passée de 49 % à 80 % en un an. Une évolution positive, mais seuls 38 % des entrepreneurs affirment être très bien informés sur la nouvelle législation. Avec la deadline qui frappe à la porte, il reste encore du pain sur la planche.
Sauter le pas ? 37 % ne savent pas encore quand !
Soyons clairs : 37 % des entrepreneurs ne savent pas encore quand ils passeront à un logiciel de comptabilité ou de facturation compatible avec Peppol. Parmi ceux qui ont déjà un plan, 27 % prévoient le changement pour le 1er janvier et 23 % avant la fin du mois de janvier. Bref, il y a encore énormément d'entrepreneurs qui doivent franchir le pas.
Le fossé numérique
71 % de l'ensemble des entrepreneurs belges envoient désormais des factures électroniques (parfois ou systématiquement), une hausse significative par rapport aux 62 % du troisième trimestre. Mais un fossé dangereux se creuse : les entrepreneurs ayant moins de 20 factures par an restent massivement en retrait. 67 % de ce groupe n'envoient jamais de factures électroniques.
Les entreprises qui sont, au contraire, bien informées sur la législation s'en sortent nettement mieux : 32 % d'entre elles envoient systématiquement des factures électroniques, contre seulement 5 % pour les entreprises qui indiquent ne pas encore être bien au courant.
Peppol comme standard de facturation principal
Peppol comme standard de facturation principal ? Nous aimerions beaucoup le voir, mais nous n'y sommes pas encore ! L'utilisation de Peppol en tant que standard principal a certes plus que doublé (passant de 7 % au T3 à 17 % au T4), mais le chemin est encore long.
Point important à retenir : 45 % des entrepreneurs utilisent aujourd'hui un logiciel de facturation compatible avec Peppol. Au troisième trimestre, ils n'étaient encore que 32 %.
Chez les entrepreneurs bien informés sur la législation, ce pourcentage grimpe même à 69 %. C'est la preuve que la connaissance mène à l'action.
Des inquiétudes qui persistent
Malgré l'approche de la deadline, 54 % des entrepreneurs s'inquiètent de la nouvelle législation. Le top 3 de leurs préoccupations :
- Les coûts (35 %)
- L'incertitude quant à l'attente de leurs clients à ce sujet (32 %)
- L'implémentation d'un nouveau système (30 %)
Les avantages sont pourtant clairs
Paradoxalement, les entrepreneurs perçoivent simultanément les atouts de l'e-facturation : l'efficacité (38 %), la réduction des coûts (33 %) et le gain de temps (31 %).
Les craintes liées aux coûts ne semblent donc pas totalement fondées, mais elles freinent pourtant l'adoption.
Un coup de pouce fiscal : la déductibilité à 120 %
Il y a ici une opportunité en or pour les comptables : 54 % des entrepreneurs ne connaissent pas la mesure gouvernementale de déductibilité à 120 %. Ce chiffre grimpe à 75 % chez les entreprises qui ne sont pas au courant de la législation.
Cet incitant fiscal peut balayer les inquiétudes liées aux coûts et constitue un argument de poids pour accélérer la transition.
L’expert-comptable comme source d’information clé
34 % des entrepreneurs citent leur comptable comme source d'information principale, suivi par les fournisseurs de logiciels (21 %). Pourtant, près d'un entrepreneur sur cinq (17 %) n'a reçu absolument aucune information sur la facturation électronique.
Cela offre aux comptables une occasion cruciale de faire la différence. Bien que les entrepreneurs qui sautent le pas sur les conseils de leur accountant ne représentent pour l'instant qu'un petit groupe (16 %), l'influence du comptable sur la prise de conscience est indéniable.
Et maintenant ?
Le passage à la facturation électronique est en pleine effervescence, mais la course est loin d'être terminée. La date butoir du 1er janvier 2026 approche à grands pas et beaucoup d'entrepreneurs ne sont pas encore prêts.
Pour les comptables : C'est le moment idéal pour informer proactivement, surtout concernant la déductibilité à 120 %. Vos conseils peuvent faire toute la différence entre une préparation sereine et un stress de dernière minute.
Pour les entrepreneurs : N'attendez plus ! Les chiffres montrent que ceux qui sont bien informés sont mieux préparés et profitent déjà des avantages de la facturation électronique.
La question n'est plus de savoir « si » vous allez y passer, mais « quand ». Et de préférence avant le 1er janvier 2026.


